Au sujet des allégations selon lesquelles le Mouvement va "imposer une constitution comme elle le conçoit et qui abroge certaines libertés, comme la liberté de croyance, les libertés individuelles, la situation juridique de la femme et sa place dans la société", il a souligné que la nouvelle constitution sera élaborée dans le cadre d'un "consensus avec les autres partis et les partenaires représentés au sein de l'Assemblée constituante", qu'elle "ne reviendra pas sur aucune liberté et qu'au contraire, elle cherchera à les consolider toutes."

Il a, dans ce sens, affirmé que les représentants du Mouvement au sein de la Constituante "vont travailler en cohésion totale avec les autres partis et qu'il ne s'opposeront à aucune proposition, notamment un référendum sur la constitution."

Répondant à une question sur la proposition de Hechmi Hamdi, président du courant "Al Aridha Al Chaâbia" (Pétition populaire) concernant une alliance avec Ennahdha, Hamadi Jebali a exprimé "le rejet total" de cette proposition.

Evoquant les acquis de la femme en Tunisie, il a affirmé qu'il n'y aura aucune atteinte au Code du statut personnel (CSP), qu'il n'y aura pas de proposition de la polygamie, ni de port du Hijab pour la femme qui sera libre de pratiquer sa religion et ses convictions. Il a ajouté, dans ce sens, qu'il "n'est pas question de faire revenir la femme au foyer comme cherchent à le propager des ennemis du Mouvement", considérant que le travail de la femme est important et constitue un plus pour la société.

Dans les domaines social et économique, Hamadi Jebali a indiqué que "le Mouvement ne touchera à aucun secteur, mais va chercher à consolider les acquis et à trouver des solutions rapides aux problèmes qui entravent la réalisation du développement équitable, entre les régions et la réduction du chômage".

Il a affirmé que le secteur touristique est parmi les acquis à ne pas mettre en cause. "Est-il raisonnable de paralyser un secteur vital comme le tourisme, en interdisant les boissons alcoolisées et le port de maillots de bain, ou autres pratiques? Ce sont des libertés individuelles garanties aussi bien pour les étrangers que pour les Tunisiens", a-t-il indiqué.

Au sujet des craintes de certains hommes d'affaires et des retombées des orientations du Mouvement, sur le secteur financier, M. Jebali a indiqué qu'il n'y a "aucune intention de généraliser les banques islamiques ou d'abroger le système financier en vigueur en Tunisie, ni de restreindre les activités des hommes d'affaires." Au contraire, a-t-il précisé, "ils seront soutenus, à travers la polarisation des investissements arabes et étrangers", affirmant que "ces craintes n'ont aucune justification".