Non inquiété, Ben Ali restera vivre en Arabie Saoudite

Tunis avait exigé une nouvelle fois du gouvernement saoudien l'extradition du président tunisien déchu, Ben Ali. Demande ignorée par le royaume

Interrogé sur les efforts du gouvernement tunisien à faire extrader l’ancien président tunisien, Ben Ali, le président du tribunal militaire, Hédi Ayari, a indiqué ce mardi 3 janvier que l’Arabie Saoudite avait une nouvelle fois ignoré la demande d’extradition.

Selon l’Agence France Presse (AFP), le gouvernement saoudien refuse de renvoyer Ben Ali vers la Tunisie pour y être jugé, même si la victoire du parti islamiste, Ennadha, proche des dirigeants saoudiens, avait fait croire aux Tunisiens que les procédures d’extradition seraient facilitées.

L'espoir que Ben Ali soit extradé s'amenuise

L’espoir qu’ont beaucoup de Tunisiens de voir revenir l’ex-président en Tunisie, menottes aux mains, semble de plus en plus lointain. « Nous avons demandé à deux reprises l’extradition de Ben Ali, mais nous n’avons pas reçu de réponse » déclarait Hédi Ayari alors que le tribunal militaire repoussait au 10 janvier le procès intenté contre Zine El Abidine Ben Ali et une quarantaine de hauts cadres dirigeants de l’ancien régime.

Un procès où Ben Ali et ses acolytes, notamment ses deux derniers ministres de l’intérieur, Ahmed Friaa et Rafiq Haj Kacem, risquent la peine capitale. Le tribunal militaire les accuse en effet de la mort de 47 personnes et des blessures de 97 autres Tunisiens dans différents gouvernorats de la République.

La répression déclenchée le 17 décembre 2010 et qui se terminait le 14 janvier 2011, date où Ben Ali fuyait en Arabie Saoudite, avait occasionné, au total, la mort de 300 personnes.

Les familles des victimes manifestent

Plusieurs dizaines de personnes, appartenant aux familles des victimes, ont manifesté le mardi 3 janvier devant la Cour du Tribunal Militaire et qualifiaient le procès de « mascarade ». Seulement une quinzaine de hauts cadres incluant les deux anciens ministres de l’intérieur, en détention préventive, assistaient au procès. 27 autres accusés, en liberté, ne s’y étaient pas présentés.

Une prison dorée pour Ben Ali et sa famille en Arabie Saoudite et au Qatar

Ben Ali, sa femme Leila et leur fils Mohamed vivent à Djeddah en Arabie Saoudite depuis le 15 janvier 2011 dans un palais prêté par le Royaume. " Derrière un haut mur d'enceinte et sept portails, gardés en permanence par des soldats, Ben Ali et sa famille profitent du palais de marbre blanc, entouré de palmiers et de verdure. Ils disposent du personnel et des gardes du corps mis à disposition par le royaume. En échange de ces largesses, le président déchu, considéré comme un réfugié politique de luxe, mais pas comme un chef d'Etat en visite, doit rester discret. (Source : lefigaro.fr)

Leur gendre, Sakher El Materi accompagné de sa femme Nesrine (la fille de Ben Ali et de sa femme Leila) vivent quant à eux au Qatar dans un palace de Doha. Des photos de leur réveillon de Saint Sylvestre prises à Qatar (à l’Hôtel La Cigale de Doha) et publiées par plusieurs sites tunisiens ont d’ailleurs provoqué un véritable buzz chez les facebookeurs tunisiens.

On y voit également Halima Ben Ali (sœur de Nesrine Ben Ali) qui était rentrée d’Arabie Saoudite le 11 avril dernier, refusant son exil et préférant vivre dans son pays (Source Essarih).